



Les banques, qu’elles soient françaises ou étrangères, sont nettement exposées sur les marchés financiers et les risques sont particulièrement conséquents pour les personnes ayant souscrit la détention d’un (ou plusieurs) compte(s) bancaire(s) au sein de ces structures aux fins de « protection financière », « d’épargne » ou même de « confiance ».
Très distinctement, les organismes financiers (bancaires et autres) ne fonctionnent aucunement comme une personne « lambda ». Cela est même plutôt l’inverse et l’oublier revient, en substance, à jouer avec un feu gigantesque en omettant que cela peut être accompagné de potentielles conséquences dévastatrices si cela est insuffisamment maitrisé.
En ce qui concerne la sphère bancaire, quel est ce « feu » dont il est plus que prudent de se méfier ?
Il s’agit du ratio Dettes/Fonds propres, très distinctement à l’immense désavantage de l’écrasante majorité des banques.
Avant de continuer plus avant, il est nécessaire de comprendre succinctement ce que sont les « Fonds propres » et les « Dettes » à échelle d’une entreprise.
D’après la Banque de Développement du Canada (BDC), « les fonds propres ou capitaux propres représentent la somme qui serait remboursée aux actionnaires d’une entreprise si tous ses actifs étaient liquidés et toutes ses dettes, remboursées ». Par effet de raccourci volontaire, les fonds propres représentent donc vulgairement la « valorisation » de l’entreprise en question. Par exemple, si une entreprise possède 1 million d’euros de fonds propres, alors elle est valorisée à plus ou moins 1 million d’euros. D’après BDC, les fonds propres représentent le « succès accumulé d’une entreprise au fil du temps ».
En regard de cela, les dettes représentent, quant à elles, la somme de « l’argent qu’une entreprise doit » à tout acteur (privé ou public).
Aussi, que représente ce ratio Dettes/Fonds propres et pourquoi est-il essentiel pour comprendre le précipe infernal dans lequel la majorité des banques (françaises) se trouve ?
D’après la BDC, « un ratio emprunts/fonds propres autour de 2 ou de 2,5 est généralement considéré comme bon. Ce ratio indique que pour chaque dollar investi dans l’entreprise, environ 66 cents proviennent d’emprunts, tandis que 33 cents proviennent des capitaux propres de l’entreprise ». À proprement dit, un ratio de 2 ou 2,5 est déjà, selon Scylla Investment, beaucoup trop important afin d’envisager sereinement la gestion de quelque entreprise.
Pourtant, en reprenant les trois images (source : Wikipédia, pour les trois) mises en avant en début d’article ainsi que les informations chiffrées qu’elles contiennent, il apparait que les ratios Dettes/Fonds propres (aussi écrits rD/F) des trois plus grandes banques françaises sont saisissants :
- BNP Paribas → rD/F = Dettes ÷ Fonds propres = 2 539 milliards ÷ 126,5 milliards = 20,07
- Crédit Agricole →rD/F = Dettes ÷ Fonds propres = 2 359 milliards ÷ 133,5 milliards = 17,67
- Société Générale →rD/F = Dettes ÷ Fonds propres = 1 414 milliards ÷ 55,1 milliards = 25,66
De manière imagée, pour BNP Paribas par exemple, cela signifie que pour 1 euro « détenu », elle doit 20 euros (non détenus, de surcroit).
Afin de mettre en perspective ces ratios Dettes/Fonds propres (rD/F) compris entre 17 et 26 pour les trois plus grandes banques françaises, il est pertinent de regarder ce qu’en dit la Banque de Développement du Canada (BDC). D’après cette dernière, « lorsque le ratio tourne plus autour de 5, 6 ou 7, c’est un signe d’un niveau d’endettement beaucoup plus important » et une banque est censée y porter grande attention (si elle doit analyser une demande de crédit d’un de ses clients, par exemple).
Autrement dit, bienvenue dans le monde du « faites ce que je dis, pas ce que je fais » puisque n’importe quelle banque exige majoritairement des ratios Dettes/Fonds propres bien plus bas que 5 ou 6. D’un autre côté, les mêmes ratios de ces banques (qui sont prêteuse de l’argent de leurs clients) sont excessivement élevés !
Conclusions
Bien que d’autres facteurs puissent peser lourd dans l’analyse de la solvabilité d’une entreprise, tels que son Chiffre d’Affaires, ses résultats annuels, ses investissements, etc., il apparait sans l’ombre d’un doute que les banques – a fortiori basées en France – sont largement surexposées et que le précipe est gigantesque pour les déposants non avertis.
Par ailleurs, à l’heure où la plupart des banques basées en France n’ont plus grand chose de « françaises » (c.f. actionnaires de BNP Paribas et Société Générale, voir ci-dessus), cela donne exactement le ton de la situation et le risque encouru par les personnes insuffisamment vigilantes.
À ce titre, la lecture de l’article La France, une boite de smarties pour Black Rock ? du site La Finance pour Tous est fortement recommandé afin de pouvoir mesurer la portée du propos présentement tenu.
Enfin, à titre de dernier élément de mise en perspective, il s’avère que les ratios Dettes/Fonds propres précédemment indiqués concernant les banques en question sont sans commune mesure avec le ratio de Scylla Investment qui se trouve, quant à lui, inférieur à 0,4 (exercice 2023).