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Métaux précieux : quelles raisons font-elles de l’Or cet actif stratégique incontournable pour les Banques Centrales ?

Depuis plusieurs années, les Banques Centrales du monde entier augmentent leurs réserves d’Or à un rythme soutenu.

Ce mouvement, loin d’être anodin, révèle une réalité profonde : l’Or occupe une place unique au sein de l’architecture monétaire mondiale.

Mais pourquoi, à l’ère des monnaies fiduciaires et numériques ainsi qu’aux marchés financiers sophistiqués, l’Or demeure-t-il encore l’actif privilégié des Banques Centrales et du Système Monétaire International (SMI) ?

1) Aucun risque de contrepartie

Une raison, objectivement identifiable comme étant la toute première, est la suivante : l’Or n’est pas le résultat d’un émetteur (privé ou publique).

Pour cause, si une obligation dépend de la solvabilité d’un État, qu’une devise dépend de la crédibilité d’une Banque Centrale ou qu’un dépôt dépend du système bancaire ; il s’avère que l’Or, quant à lui, ne repose sur aucune promesse ou confiance.

A ce titre, concernant une Banque Centrale dont la mission est d’assurer la stabilité financière et monétaire, détenir un actif sans risque de défaut (ou de contrepartie) est absolument crucial.

Par voie de conséquence, l’Or est singulier par nature : il n’est la dette de personne et est universellement reconnu.

2) Reconnaissance monétaire universelle

L’Or est au cœur de l’histoire monétaire depuis des millénaires et l’ensemble des grandes monnaies ont, sans exception à un moment donné ou un autre, été adossées à ce précieux actif.

Bien que l’étalon-Or n’existe plus officiellement, du fait de son arrêt complet en 1971 avec la fin des Accords de Bretton Woods, l’Or demeure toujours la référence monétaire ultime dans le conscient et l’inconscient collectifs.

Pour l’exemple, notamment en période de crise extrême, lorsque la confiance dans les monnaies s’effondre, l’Or demeure immédiatement accepté à échelle mondiale.

Cette singulière universalité explique également pourquoi il est intensément représenté dans le bilan des Banques Centrales.

3) Protection contre la dépréciation des monnaies

Toute Banque Centrale sait mieux que quiconque que toute monnaie fiduciaire tend inexorablement à se déprécier dans le temps.

Qu’il s’agisse de l’inflation, la création monétaire, les déficits publics chroniques ou les endettements massifs, les dynamiques structurelles mentionnées et inhérentes au fonctionnement des Nations engendrent toujours des affaiblissements de valeur des monnaies fiduciaires.

Néanmoins, l’Or agit intrinsèquement tel un bouclier contre la perte de pouvoir d’achat des devises, en particulier celles émises par les Banques Centrales elles-mêmes.

L’Or protège donc contre les excès du Système Monétaire International (SMI).

4) Élément refuge lors d’une crise systémique

Dans les multiples cas suivants, nombreux sont les actifs à devenir illiquides ou politiquement vulnérables : guerres, sanctions internationales, crises bancaires, ruptures géopolitiques.

Cependant, l’Histoire a prouvé que l’Or reste liquide (donc aisément vendable), qu’il n’est jamais soumis à aucun embargo s’il est détenu physiquement et qu’il ne dépend d’aucun système de paiement international.

En quatrième place, il s’agit donc d’une autre raison précisant pourquoi les pays confrontés à des tensions géopolitiques ou à des sanctions renforcent massivement leurs réserves d’Or.

5) Outil de souveraineté monétaire

Contrairement aux réserves libellées en devises étrangères (exemple : Euro, Dollar, Livre-Sterling, Yen, Yuan, Rouble, etc.), l’Or stocké physiquement sur un territoire national est par situation considéré hors du système financier international.

Cette situation hautement salvatrice renvoit donc au fait que l’Or ne peut pas être gelé, bloqué ou annulé par une puissance étrangère.

Par voie de conséquence, à échelle d’une Banque Centrale, l’Or représente donc un actif favorisant une forme de souveraineté absolue. Cela est aussi la raison pour laquelle plusieurs pays ont rapatrié leur Or physique à l’intérieur de leurs frontières respectives ces dernières années.

6) Facteur de crédibilité et de confiance

Toujours en raisonnant sans étalon-Or formel, la présence du métal précieux au bilan d’une Banque Centrale renforce plus que tout la confiance dans la monnaie nationale.

Cette présence agit comme une garantie ultime matérialisée par un effet de socle psychologique de stabilité.

Autrement dit, lorsque la confiance dans les autres actifs ou les monnaies fiduciaires vacille, alors l’Or reste le dernier actif capable de restaurer une forme de crédibilité monétaire.

Conclusions :

L’Or est le pilier ultime et silencieux des Banques Centrales et du Système Monétaire International (SMI).

Pour les Banques Centrales, cet actif n’est ni un vestige du passé ni un vulgaire actif spéculatif puisqu’il agit comme :

  • un actif sans risque de défaut ;
  • une réserve de valeur universelle ;
  • une assurance contre les crises monétaires ;
  • un instrument de souveraineté ;
  • le dernier rempart de confiance.