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Métaux précieux : l’Or est-il enclin à s’envoler de 43% en 2026 ?

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Le marché de l’Or s’apprêterait à vivre une nouvelle année paradoxale. Alors que la demande mondiale de métal jaune devrait légèrement reculer en 2026 et que l’offre continuera de progresser, le prix moyen de l’Or est attendu en hausse globale de 43 % sur un an. Cette prévision, avancée par le cabinet spécialisé METALS FOCUS, illustre la profondeur des transformations actuellement à l’œuvre sur le marché des métaux précieux.

Selon les analystes, le prix moyen de l’once (Oz.) pourrait atteindre près de 4 920 dollars US fin 2026, contre environ 3 450 dollars en moyenne en 2025. Cette progression envisagée ne traduirait pas un déséquilibre classique entre l’offre et la demande physique, mais reflèterait avant tout la montée en puissance des flux d’investissement et la persistance d’un environnement économique et géopolitique particulièrement incertain.

Dans le détail, la demande mondiale d’Or devrait diminuer d’environ 2% cette année. Ce repli serait principalement imputable au marché de la joaillerie, fortement pénalisé par des prix records qui décourageraient une partie des consommateurs, notamment en Asie. Les achats des banques centrales, qui ont constitué l’un des principaux moteurs du marché ces dernières années, devraient également ralentir après plusieurs exercices marqués par des acquisitions historiques.

Cette contraction ne signifie toutefois pas un désintérêt pour le métal jaune. Bien au contraire, METALS FOCUS estime que l’investissement physique poursuivra sa progression. Les achats de lingots et de pièces devraient bondir de l’ordre de 15%, pour atteindre leur plus haut niveau depuis plus d’une décennie. Cette dynamique serait largement alimentée par les investisseurs particuliers et institutionnels, notamment en Chine, qui continuent de privilégier l’Or comme l’instrument de protection ultime face aux risques géopolitiques, aux tensions commerciales et aux incertitudes entourant les politiques monétaires.

Pour la première fois depuis de nombreuses années, l’investissement physique pourrait même dépasser la demande de bijoux et devenir le premier débouché mondial du marché de l’Or. Cette évolution traduirait ainsi une mutation profonde des comportements modernes, où l’Or serait de moins en moins considéré comme un « produit de consommation » (plaquages, composants informatiques, bijoux, etc.) et de plus en plus comme un actif financier stratégique à toutes les échelles.

Dans le même temps, l’offre mondiale devrait progresser. La production minière semble – pour le moment – continuer de croître très légèrement grâce à l’entrée en exploitation de quelques nouveaux projets et à l’amélioration des rendements de certaines mines existantes. Toutefois, les volumes issus des cessions et du recyclage devraient également croître, les prix élevés incitant davantage de détenteurs à revendre leurs bijoux et leurs objets en Or. A titre d’aparté, SCYLLA INVESTMENT ne recommande pas ce tout dernier point, dans la conjoncture actuelle concernant le métal jaune s’annonçant vraisemblablement haussière.

Dans un marché conventionnel, cette relative augmentation des disponibilités devrait exercer une relative pression baissière sur les cours. Mais le marché aurifère actuel répond à une logique radicalement différente puisque les investisseurs privilégient, ici, davantage les perspectives macroéconomiques que les fondamentaux économiques traditionnels. L’heure est aux incertitudes concernant la croissance mondiale, le niveau des déficits publics, l’évolution des taux d’intérêt, les tensions géopolitiques persistantes. En couplant les précédents points à la volonté de multiples acteurs de diversifier leurs actifs et thésauriser autant que possible, ceci continuera vraisemblablement d’induire des achats soutenus d’Or à grande échelle.

La prévision d’une hausse de 43% du prix moyen en 2026 apparaît ainsi comme le principal révélateur de l’étude de METALS FOCUS. Elle souligne que, malgré un léger ralentissement de la consommation mondiale et une offre très légèrement plus abondante, les facteurs financiers dominent largement la formation des prix. L’Or conserve son statut de valeur refuge par excellence et demeure l’un des actifs les plus recherchés dans un environnement marqué par une forte volatilité économique.

Si ces projections se confirment, en se croisant avec celles de DEUTSCHE BANK ou J.P. MORGAN, l’année 2026 constituerait alors une nouvelle année historique pour le métal précieux. Après plusieurs records successifs, l’Or poursuivrait ainsi son ascension, confirmant par la même occasion que sa valorisation dépendrait alors tout autant de son rôle d’assurance contre les risques mondiaux que de l’équilibre traditionnel entre production et consommation physique.